À propos de l’exposition

« Tout est en changement perpétuel autour de nous : ce que ma caméra capte présentement fait déjà partie du passé. C’est pour cette raison qu’il m’importe de fixer par la photographie le monde tel qu’il m’apparaît maintenant. Ce n’est pas le passé ni le futur qui m’intéressent : c’est le présent. Par l’image photographique, je peux fixer d’une façon directe les signes du passé et/ou du futur tels qu’ils se manifestent dans le moment présent. »
- Gabor Szilasi, 1977

Gabor Szilasi avait vingt-neuf ans le jour où lui et son père arrivèrent à Halifax en tant qu’immigrants fuyant la Hongrie en 1957. Deux ans plus tard, il s’installe à Montréal, où il vit toujours.

Il s’intéresse d’abord à la photographie pictorialiste européenne alors qu’il est encore à Budapest, mais, depuis son arrivée au Québec, son travail se trouve alimenté par une foi inébranlable en la valeur documentaire du médium photographique. Conformément à l’usage en matière documentaire, son intérêt se concentre sur le sujet de la photographie, sur sa présentation et sa compréhension parfaitement claires. Le point de vue de Szilasi demeure celui du regard extérieur, de quelqu’un dont la sensibilité et la perspective européennes lui permettent de tempérer le formalisme par de la sympathie et de produire des photographies irrésistibles empreintes d’un sentiment de profonde compassion.

Szilasi a créé de remarquables images du Québec et de l’Europe – des paysages de villes et de villages, des vues architecturales et des portraits d’ambiance, un genre dans lequel le décor joue un rôle de premier plan. La valeur culturelle et historique de son oeuvre réside non seulement dans l’éloquence de chaque image prise individuellement, mais aussi dans la documentation cumulative qu’elles offrent. Cette exposition présente l’oeuvre photographique de Szilasi, qui décrit son évolution au fil de cinq décennies à travers un examen du travail qu’il a effectué dans trois endroits différents : en Hongrie, dans le Québec rural et à Montréal.

Dans chacune des sections, les images d’architecture, de villes et de villages alternent avec des portraits de manière à mettre en évidence la place centrale que Szilasi attribue à la communauté. L’exposition comprend des images à ses débuts, prises en Hongrie dans les années 1950, ainsi que celles qu’il y a réalisées depuis 1980. Quant aux photos du Québec rural, elles datent principalement des années 1970, tandis que celles de Montréal vont de la fin des années 1950 jusqu’à nos jours.

David Harris
Commissaire