À propos de l’artiste


Gabor Szilasi Né le 3 février 1928 à Budapest, en Hongrie

« Mes photographies ont pour véritable sujet la vie quotidienne et surtout des personnes dans leur milieu, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur; cela m’a toujours fasciné. J’aime voir comment tout change, comment tout est soumis à un courant perpétuel… On sait que les enseignes sont remplacées et que les bâtiments sont démolis pour faire place à d’autres. Il en va de même pour les personnes. Si vous entrez à l’intérieur d’un bâtiment et que vous prenez une photo, n’espérez pas répéter exactement la même scène le lendemain. Il se peut qu’un seul objet ait été déplacé, mais le fait est que tout change constamment et c’est justement ce qui me passionne. C’est aussi la raison pour laquelle je m’intéresse au documentaire à caractère social. »

Novembre 2008

Gabor Szilasi est un photographe documentariste reconnu pour sa vision humanitaire. Sa fascination pour la vie quotidienne l’a amené à rechercher des images qui trahissent la présence humaine, qu’il s’agisse de portraits, de scènes d’intérieur, d’architecture régionale ou de paysages urbains.

Principalement autodidacte, Gabor Szilasi s’initie à la photographie en Hongrie, en 1952, lorsqu’il achète son premier appareil, un modèle Zorkij. En 1956, il documente la révolution hongroise à Budapest et, peu de temps après, fuit le pays pour finalement immigrer au Canada en 1957. À compter de 1959 et jusqu’en 1971, il travaille comme photographe pour l’Office du film du Québec actuel, couvrant un vaste éventail de sujets, y compris l’Expo 67. Durant toutes ces années, il acquiert une grande expérience technique et pratique et ses affectations nombreuses et variées l’amènent à voyager partout au Québec. Le photographe Sam Tata l’initie à l’œuvre du photographe français Henri Cartier-Bresson et l’encourage à délaisser la photographie artistique pour se consacrer au documentaire social. En 1966, en suivant un cours à l’Institut Thomas More, l’artiste découvre la tradition documentaire américaine incarnée par Paul Strand et Walker Evans. En parallèle avec sa carrière en photographie, M. Szilasi est un professeur dévoué : il enseigne au Cégep du Vieux Montréal de 1971 à 1980 et à l’Université Concordia de 1980 à 1995.

Les œuvres personnelles de Gabor Szilasi dans les années 1960 comprennent un riche amalgame de scènes photographiées dans les rues de Montréal, de portraits d’amis et de parents ainsi que d’images prises à divers vernissages. Dans les années 1970, l’artiste entreprend une longue série de projets documentant la vie dans les campagnes québécoises et les changements culturels qui s’amorcent. Il s’intéresse d’abord à l’Isle-aux-Coudres et à la région de Charlevoix, puis à la région de Lotbinière en 1976 et en 1977, et à l’Abitibi-Témiscamingue et au Saguenay-Lac-Saint-Jean entre 1976 et 1979. Au cours de cette période, l’artiste utilise principalement une chambre photographique et s’intéresse exclusivement aux scènes de rue et aux intérieurs de bâtiments résidentiels et commerciaux. De 1977 à 1979, il réalise également une série de photographies documentaires dépeignant les façades de magasins, le chaos des enseignes et les immeubles commerciaux de la rue Sainte-Catherine. Ce projet l’amène d’ailleurs à créer en 1980 et en 1981 une série de panoramas des rues de Montréal au moyen d’un appareil panoramique. La fascination de l’artiste pour les enseignes et les panneaux publicitaires de la ville lui inspire également la série Lux (1982-1984), dans laquelle il recourt à la couleur pour représenter uniquement des enseignes lumineuses conçues et fabriquées individuellement. À compter de 1980, Gabor Szilasi travaille surtout à l’étranger et entreprend des projets en Hongrie, en Italie, en Pologne et en France. En 1980, il retourne pour la première fois en Hongrie. Il s’y rendra de nouveau, en 1994 et en 1995, expressément pour photographier la ville ainsi que les endroits et les gens qu’il y a connus.

Gabor Szilasi s’essaie aux portraits dans les années 1950, en commençant par photographier des parents et des amis. Depuis, cette forme d’art imprègne toute sa production photographique. À Montréal, des années 1960 à aujourd’hui, il continue à faire des portraits d’artistes, de parents et d’amis. De 1977 à 1979, il adopte une nouvelle approche dans sa série Portraits/Intérieurs, une suite de diptyques alliant un sujet photographié en noir et blanc et une photo en couleur de la pièce où il se trouve. En 1992, il aborde le portrait sous un autre angle, en utilisant une chambre photographique avec laquelle il se rapproche considérablement de ses sujets de manière à saisir leurs traits d’extrêmement près. En 2003, il entreprend le premier de deux projets au centre d’art-thérapie Les Impatients, qui accueille des personnes aux prises avec une déficience psychique. L’artiste et les patients y explorent tour à tour le rôle du sujet et celui du photographe pour créer des portraits et des autoportraits.